Saltar navegación

Activa JavaScript para disfrutar de los vídeos de la Mediateca.

Marguerite Duras: l'anticolonialisme d'Un barrage contre le Pacifique - Partie 2 Introduction à l'oeuvre de Duras

Ajuste de pantalla

El ajuste de pantalla se aprecia al ver el vídeo en pantalla completa. Elige la presentación que más te guste:

Subido el 29 de octubre de 2018 por Slf

94 visualizaciones

Session de préparation à l'épreuve de Bachibac à propos d'Un barrage contre le Pacifique de Marguerite Duras donnée par Anne-Marie Reboul (UCM)

Descargar la transcripción

Comment comprendre l'œuvre de Marguerite Duras dans tout son ensemble ? 00:00:07
Pour comprendre son œuvre, on est obligé de se référer à la publication de l'amant. 00:00:13
Il y a là un avant et un après la publication de l'amant. 00:00:19
C'est un succès mondial, elle-même n'en revenait pas, elle parlait, c'était ses termes, de succès planétaire. 00:00:23
il est vrai que 00:00:31
l'amant 00:00:35
pour se faire une petite idée 00:00:35
par exemple, par rapport 00:00:38
il y a quand même 30 ans de ça 00:00:40
c'était en 84, d'accord 00:00:42
84, aujourd'hui 00:00:44
je n'ai pas les données exactes 00:00:46
mais je crois qu'aujourd'hui 00:00:49
un prix Goncourt 00:00:50
représente 00:00:52
dans un premier tirage 00:00:54
300 000 00:00:56
ouvrages 00:00:58
Ouvrage. À l'occasion de Marguerite Duras, le premier tirage a représenté plus du double. Et très rapidement, on est arrivé à 2 400 000 œuvres dans toutes les langues. 00:01:00
J'ai les chiffres par là, mais bon, je ne vais pas m'y attarder. 28 langues, elle a été traduite dans 28 langues. C'est-à-dire que ni avant, ni après 84, ni avant, ni après l'amant, il n'y a jamais eu un bout similaire en France autour d'un prix Goncourt. 00:01:18
Donc, bien évidemment, quelque chose s'est passé de très significatif. Tout de suite après ce prix Goncourt, dans le mois, à la fin du mois de septembre, la fameuse émission de Bernard Pivot. Il faudra sans doute travailler avec les élèves autour de cette émission, bien évidemment. 00:01:37
Avec Bernard Pivot, là, ça a été aussi un phénomène assez exceptionnel. 00:02:00
Vous savez qu'à la télévision, on ne laisse pas le temps de parole. 00:02:03
Bourdieu nous a bien expliqué tout ça, les journalistes coupent, interviennent. 00:02:07
Là, on lui a laissé le temps de parole. 00:02:13
Elle a pu se montrer comme elle était. 00:02:16
Donc, le grand public a découvert Marguerite Duras à ce moment-là, en 1984, 00:02:19
à l'occasion de cette émission de Bernard Pivot. 00:02:25
Et puis, toujours autour de l'amant, mais c'est pour comprendre le phénomène médiatique 00:02:29
et pourquoi il est devenu un mythe en vie aussi, 00:02:35
il y a eu ce que l'on connaît comme la bataille de l'amant. 00:02:40
Alors qu'est-ce que la bataille de l'amant ? 00:02:44
La bataille de l'amant, c'est essentiellement tout ce qui a tourné autour du film. 00:02:47
Alors là, vous savez qu'il y a eu un premier cinéaste qui a été pressenti, Claude Berry, 00:02:57
et puis un deuxième cinéaste, Jean-Jacques Hannault, les conversations ont été très longues. 00:03:04
elle aurait voulu intervenir. 00:03:12
Elle ne voulait pas forcément faire ce film à ce moment-là. 00:03:15
Elle était déjà devenue cinéaste. 00:03:19
Mais elle voulait intervenir sur le scénario. 00:03:21
Elle avait écrit le scénario. 00:03:24
Or, on n'a pas tenu compte. 00:03:26
Ça n'a pas marché avec Claude Berry. 00:03:28
Et puis après, il y a eu l'alcoolisme. 00:03:30
Elle a été internée plusieurs fois. 00:03:32
Mais là, à ce moment-là, elle a été internée en plusieurs mois. 00:03:35
Elle est restée cinq mois dans le coma. Elle n'a pas pu rentrer chez elle. Il a fallu après qu'elle entre dans une maison de repose. Et pendant ce temps-là, Jean-Claude Hannaud a réécrit le scénario. Et puis finalement, le film s'est fait sans elle. 00:03:39
Elle n'a pas supporté cela, bien sûr. 00:03:59
Le film s'est fait sans elle, et quel film ? 00:04:01
Une super production internationale, 00:04:04
ce qu'elle ne supportait pas, ce qu'elle haïssait. 00:04:08
Puis elle était très crue dans ses mots. 00:04:12
Elle a traité la dernière scène de la bande de merde. 00:04:14
Une scène de merde. 00:04:18
Elle parlait comme ça parfois. 00:04:19
Donc, ça a été, vous voyez, du point de vue médiatique, 00:04:21
Et ça continue, donc c'est essentiellement autour de l'amant que les choses se sont faites. 00:04:25
Et ça nous intéresse au plus haut point parce que l'amant est une réécriture du barrage. 00:04:30
Alors, pour bien comprendre l'œuvre d'une manière très simple, pour simplifier les choses, 00:04:37
il faut savoir qu'il y a deux grands cycles dans l'œuvre de Marguerite Duras. 00:04:43
Il y a ce premier cycle qui va nous intéresser, nous, au plus haut point. 00:04:47
c'est celui, le sigle indochinois, avec essentiellement le barrage, l'amant, 00:04:51
et puis un texte qu'elle va écrire beaucoup plus tardivement, l'amant de la Chine du Nord. 00:05:01
Il y aurait aussi la pièce de théâtre L'Édain cinéma. 00:05:05
Donc elle a réécrit trois fois cette enfance du barrage, vous vous rendez compte, c'est énorme. 00:05:09
Donc ça, c'est un premier cycle. 00:05:15
Et puis il y a un deuxième cycle qui va tourner autour du ravissement de l'Holvestin, du vice-consul et d'India Song. 00:05:18
Alors pour certains, pour peut-être les littéraires, elle atteint le sommet de son écriture dans le ravissement de l'Holvestin. 00:05:30
D'accord ? C'est l'un des sommets de ce que l'on va appeler la modernité romanesque de Duras. 00:05:40
C'est aussi l'une de ses œuvres les plus difficiles, les plus complexes. 00:05:52
Complexes, vous le savez, il y a eu les déclarations de Jacques Lacan, très significatives, dans lesquelles il a dit 00:05:59
elle sait sans moi ce que j'enseigne. Donc, il était en admiration devant cette œuvre 00:06:07
du ravissement de Lorvesten. Cette œuvre a donné lieu à beaucoup d'analyses, à 00:06:17
l'attention surtout des psychanalystes à cause des thèmes de la folie, de la perversion, 00:06:24
du voyeurisme, tous ces thèmes-là sont significatifs du ravissement. Mais vous voyez, c'est un 00:06:33
cycle qui ne nous touche que de manière tangentielle, je répète. Par contre, ce qu'il est intéressant 00:06:40
de savoir, c'est que dans ce deuxième cycle, il y a beaucoup de thèmes qui appartiennent 00:06:49
au premier cycle, des personnages comme Anne-Marie Stretter, des épisodes comme celui de la 00:06:55
mendiante. Donc c'est dire encore à quel point, même sous forme d'un autre cycle, 00:07:04
situé à un autre lieu, c'est encore son enfance, l'Asie, le Vietnam, qui ressort. 00:07:11
D'accord ? Bon. Dire encore, pour cette oeuvre, en général, au-delà de ces deux grands cycles, et dans le deuxième cycle, on a India Song qui est un film, on va y revenir tout de suite, il faut tenir compte des films et de son investissement dans le cinéma. 00:07:19
Tout commence peut-être par Hiroshima, mon amour. Elle a travaillé de concert avec Alain Rezné et c'est là peut-être que le public l'a découvert avant l'amant. 00:07:44
« Hiroshima, mon amour », vous savez qu'elle en a élaboré le scénario. « Hiroshima, mon amour » a été pressenti pour un Oscar, c'est la raison pour laquelle elle a été connue un petit peu plus. 00:08:02
Et ce film marque véritablement une date dans l'histoire du cinéma. Godard dit, le film est sans référence cinématographique aucune. Donc, la conscience d'une création d'un film d'un genre nouveau. 00:08:18
Et dans ce film, qu'est-ce qui nous intéresse, nous ? C'est précisément la qualité des dialogues, la qualité du texte. 00:08:41
C'est la première fois dans l'écriture qu'elle commence justement à faire intervenir ces phrases qui sont presque des phrases talismans. 00:08:53
Vous vous souvenez, vous avez sans doute vu le film, 00:09:06
« Tu me fais du mal, tu me fais du bien, tu n'as rien vu à Hiroshima, rien. 00:09:10
J'ai tout vu à Hiroshima, tout. » 00:09:17
C'est là, on a l'impression que c'est à partir de ce moment-là que son écriture commence à se transformer. 00:09:20
D'accord ? 00:09:26
Donc, on est en 1960, vous vous rendez compte, c'est dix ans après le barrage. 00:09:27
c'est là qu'elle va employer pour la première fois 00:09:31
ces phrases qui sont un petit peu sa marque de fabrique à elle 00:09:36
et puis il y a eu 00:09:39
plus important encore 00:09:42
donc là sa participation c'est sur le plan du scénario 00:09:44
il y aura bien sûr le film 00:09:47
qu'elle va tourner elle, India Song 00:09:50
avec beaucoup plus encore de nouveautés 00:09:53
on va parler d'audace 00:09:56
D'audace, véritablement. Alors bien sûr ce film est remarquable pour beaucoup de choses, pour la musique de Carlos D'Alessio bien évidemment, c'est un film qui a été sélectionné pour Cannes, mais ce qui est intéressant à noter c'est que pour la première fois, qu'est-ce qui se passe dans ce film ? 00:09:57
c'est l'agencement des voix. 00:10:20
Deux choses. 00:10:23
D'une part, l'agencement des voix. 00:10:24
D'autre part, le fait qu'elle va véritablement mettre en place plusieurs voix 00:10:26
et elle va distinguer la bande son de la bande image. 00:10:32
Ce qui se passe du point de vue du son ne correspond pas à ce qui se passe du point de vue de l'image. 00:10:43
On ne peut pas parler de Marguerite Duras sans parler de ce lien étroit entre le cinéma et la littérature. 00:10:50
Elle va apporter au cinéma un cachet très particulier. 00:10:57
Qu'est-ce qui se passe dans le cinéma classique, le cinéma hollywoodien ? 00:11:02
Dans ce cinéma-là, il y a une cohésion totale, très grande, entre l'image et le son. 00:11:08
Le cinéaste cherche à éveiller tous nos sens dans un même objectif, bien sûr. Avec Marguerite Duras, elle va rompre cet aspect-là et elle va donner une puissance particulière précisément à la bande de son qui va se distinguer de la bande image, de l'image, du visuel. 00:11:15
La bande-son avec Marguerite Duras va acquérir véritablement son indépendance 00:11:40
Alors bien évidemment c'est un cinéma très particulier 00:11:49
Vous savez peut-être qu'il a donné lieu, ce cinéma, à une étude très sérieuse de la part de Gilles Deleuze 00:11:53
Le cinéma de Gilles Deleuze, il étudie d'une manière, voilà, avec une grande conscience et beaucoup de savoir 00:12:00
ce cinéma de Marguerite Duras 00:12:09
et surtout cette distinction 00:12:11
de la bande de son et la bande d'image 00:12:13
elle est allée beaucoup plus loin 00:12:16
et on ne va pas s'y attarder 00:12:17
mais elle est allée jusqu'à la découverte de l'écran noir 00:12:19
c'est quand même un phénomène assez curieux 00:12:21
on est au cinéma 00:12:24
on va voir des images 00:12:24
et bien non, elle va tellement apporter 00:12:26
du potentiel, de la force 00:12:30
aux voix 00:12:32
à ce qui se dit 00:12:33
donc elle a 00:12:34
Elle a fait de grandes choses aussi dans ce domaine-là, pas seulement dans celui de la littérature, dans le domaine aussi du cinéma. Alors pourquoi un beau matin comme ça, elle décide de se consacrer un peu au cinéma ? 00:12:37
Essentiellement pour deux raisons. D'une part par dépit et d'autre part aussi par lassitude de l'écriture. Je vais y revenir. Par dépit parce qu'elle critiquait énormément tous les films et surtout les films qui se faisaient à partir de ces ouvrages. 00:12:56
Un barrage allait donner lieu tout de suite à un premier film de René Clément. 00:13:17
Et elle trouvait que tous ces films étaient nus, ce sont ces mots. 00:13:22
Je ne peux quand même pas faire des choses aussi nues que ça. 00:13:27
Donc, j'ai fait des films moi-même, parce que les films qu'on a faits à partir de mes livres étaient nus, ce sont ces mots textuels. 00:13:33
D'accord ? Donc, le cinéma, ça devient presque aussi un acte de... c'est un acte de refus et ça devient presque un acte politique. Elle rejette le cinéma de consommation. 00:13:40
Mais il y a aussi cette lassitude face à l'écriture, là aussi ce sont ses propres mots, elle l'a dit clairement, elle en a fait la confession, elle dit « Nul n'est seul comme un écrivain ». 00:13:55
J'ai fait des films souvent pour échapper à ce travail effrayant, interminable, malheureux qu'est l'écriture. 00:14:13
Et pourtant, et c'est vrai, et pourtant, j'ai toujours eu envie d'écrire plus que toute autre chose. 00:14:24
Donc, même derrière le cinéma, derrière sa recherche face au cinéma, il y a encore ce besoin d'écriture. 00:14:32
D'accord ? 00:14:42
Elle semble avoir oublié un petit peu l'écriture pendant quelques années, 00:14:44
parce qu'elle s'est concentrée sur le cinéma autour des années d'India Song, 00:14:48
mais elle va revenir en force à l'écriture 00:14:52
avec essentiellement la bande de la Chine du Nord 00:14:57
on va y revenir tout de suite 00:15:01
elle a beaucoup réfléchi à ces deux activités 00:15:03
elle nous a laissé beaucoup de phrases qui sont très intéressantes 00:15:06
par exemple elle nous dit 00:15:10
faire du cinéma quand on écrit des livres 00:15:12
c'est changer de place 00:15:16
par rapport à ce qui va être fait. 00:15:18
Je suis, regardez ces expressions, 00:15:23
je suis devant un livre à faire, 00:15:25
je suis derrière un film à faire. 00:15:29
Vous remarquez par rapport à l'acte créatif, 00:15:33
ce que ça signifie. 00:15:35
Je suis devant un livre à faire, 00:15:37
toutes les portes sont ouvertes, 00:15:39
alors que je suis derrière la caméra, 00:15:41
je suis derrière le film à faire, 00:15:44
C'est-à-dire, il est difficile de créer dans cette circonstance, comme si tout était fait presque avant de tourner. 00:15:47
Elle a beaucoup aussi évoqué la rivalité entre cinéma et écriture, et pour elle, il n'y a pas de comparaison possible. 00:15:57
L'écriture est infiniment plus riche que le cinéma. 00:16:05
Le texte, elle nous dit, est porteur illimité d'images et le cinéma n'arrivera jamais à se comparer, il ne pourra jamais effectivement apporter autant de choses. 00:16:09
Donc, il est intéressant de voir qu'elle s'est posé des problèmes essentiellement de la représentation. Les problèmes de la représentation et toute sa démarche implique une réflexion sémiotique implicite. Mais elle n'a pas écrit d'essai rigoureux sur ce sujet. 00:16:26
Ses réflexions sont éparpillées. Et ce qui est intéressant, c'est de souligner quand même qu'elle a renouvelé aussi bien l'écriture que le cinéma. Elle a renouvelé ces deux aspects, ces deux grands domaines de la création. 00:16:46
Et sa volonté ultime a été d'écrire un texte qui ne puisse pas être traduit. Ça, ça a été son obsession et ce qu'il a apporté à écrire l'amant de la Chine du Nord. Comment faire pour écrire un livre qui ne puisse pas être porté à l'écran, que personne ne puisse toucher. 00:17:05
Et effectivement, elle a écrit, j'ai pris la première page de ce texte, qu'est-ce que vous remarquez, comment on démarre, alors il y a une première page d'introduction et puis voilà la première page de l'amant de la Chine du Nord. 00:17:29
Vous remarquez, c'est un livre, c'est un film, c'est la nuit. 00:17:52
Comment ça démarre ? 00:18:02
Là, on est dans la durace la plus duracienne. 00:18:05
On est en 91, on est presque à la fin de son parcours créatif. 00:18:11
C'est un livre, c'est un film, c'est la nuit. 00:18:19
Vous remarquez, c'est la nuit prétend décrire encore cet ouvrage que nous avons entre les mains et que l'on commence à lire et à découvrir. 00:18:24
Donc tout commence par une déclaration tripartite en quelque sorte de la généricité de ce texte avec une difficulté, donc c'est un livre, c'est un film, c'est les deux choses en même temps et puis c'est la nuit. 00:18:36
Qu'est-ce que ça signifie, c'est la nuit ? Il faut connaître Marguerite Duras pour savoir ce que ça signifie, c'est la nuit. C'est la nuit, c'est les yeux fermés, l'obscurité totale, c'est le moi le plus profond, c'est ce qu'il y a de plus intérieur, c'est ce qu'il y a de plus créatif, c'est beaucoup de choses. 00:18:51
C'est ce qui rend d'ailleurs la traduction difficile de ces textes souvent, parce qu'il faudrait pouvoir les interpréter aussi. Donc, définition complexe dès le début du texte, définition très complexe, définition difficile à traduire. 00:19:09
Et vous remarquez, si vous continuez la lecture, la voix qui parle ici est celle écrite du livre. Voix aveugle, voix sans visage. Vous remarquez également, tout est convoqué ici. 00:19:30
C'est la voix, c'est la parole, mais c'est l'écriture, c'est la voix écrite et c'est aussi l'image. Il est question de visage, d'aveuglement, etc. 00:19:48
Donc, vous voyez toujours, ça va être caractéristique de l'écriture de Marguerite Duras, cette symbiose de toutes les choses, c'est ce qui va faire la singularité de son écriture. 00:20:04
D'une part, le dépouillement total, le dépouillement de la phrase, aussi bien du point de vue syntaxique que vocabulaire, etc., dépouillement de la phrase, des phrases parfois énigmatiques, et puis ce besoin de tout mêler, à la fois l'écriture, l'image, la voix, le son. 00:20:19
elle était très sensible à la voix. Donc, je répète, on est là dans la Duras, la plus durassienne. 00:20:47
Bon, je vais aller de plus en plus vite parce que sinon on n'y arrive pas. 00:20:54
Il y aurait des thèmes à signaler les plus significatifs de son œuvre, c'est surtout, vous le savez peut-être, 00:21:02
l'amour et l'amour impossible. Chez Marguerite Duras, c'est ce qui a retenu le plus son attention, 00:21:09
l'amour lié à l'agonie aussi, l'amour lié à la mort bien évidemment, mais c'est aussi le thème de l'impuissance, c'est aussi le thème de la folie, etc. 00:21:15
En 95, donc avant de mourir, pour revenir à ce qui nous intéresse quand même, Yann Andréa qui est devenu son compagnon, l'ultime, le dernier compagnon de route, 00:21:29
Yann Andréa lui demande 00:21:42
quelle est de toutes ses oeuvres 00:21:45
de tous ses textes, de tout ce qu'elle a fait 00:21:47
quelle est l'oeuvre 00:21:49
qui lui plaît le plus 00:21:50
et qu'est-ce qu'elle répond 00:21:53
le barrage 00:21:54
l'enfance 00:21:56
le barrage 00:21:58
donc elle va revenir à la fin du parcours 00:21:59
le barrage 00:22:02
l'enfance, c'est son livre qui est 00:22:05
le livre préféré 00:22:07
et en conclusion à cette première partie 00:22:08
Et je vous ai mis une citation que j'ai lue dans Télérama de Depardieu qui me semble être très significative et très juste. Ils ont eu tous les deux aussi une entente très particulière, Depardieu a joué dans le camion, etc. 00:22:11
Bon, Marguerite Duras, pour moi, c'est surtout de grands yeux, une écoute, une voix chaude, une qualité de silence que j'ai rarement vue. Ça, ça se voit dans cette émission avec Bernard Pivot, ce silence. 00:22:33
Elle cherchait toujours ses mots. 00:22:50
Ça a énervé beaucoup de monde, parce qu'on avait l'impression qu'elle posait, 00:22:52
qu'elle n'était pas naturelle. 00:22:57
Et au contraire, paraît-il que c'était son tempérament, elle était comme ça. 00:22:59
Elle n'était jamais sûre de rien. 00:23:03
Même à la fin de sa vie, parfois, elle se demandait si elle écrivait bien. 00:23:05
À d'autres moments, elle était persuadée que c'était elle qui était la meilleure, l'écrivaine. 00:23:08
Ça a été un peu la rivalité entre Beauvoir et elle. 00:23:15
Toutes les deux se sentaient investies de ce pouvoir d'écriture. 00:23:21
Donc, elle avait cette qualité de silence. 00:23:25
Une qualité de silence que j'ai rarement vue. 00:23:30
Oui, vue, car elle nous fait voir le silence. 00:23:33
Je trouve que c'est très très juste pour définir Marguerite Duras. 00:23:37
Ce n'est pas quelqu'un qui coupe les cheveux en quatre, c'est quelqu'un qui va à l'essentiel. 00:23:43
Quelqu'un qui essaie d'avoir une économie de sens, et c'est vrai, tellement vigoureuse. 00:23:48
Elle est loin d'une intellectuelle, et c'était vrai aussi, j'insiste là-dessus, c'est ce que j'ai dit tout à l'heure, 00:23:55
elle a beaucoup réfléchi sur la différence entre le cinéma et la littérature, mais elle ne nous a pas laissé d'essai, 00:24:02
véritablement, comme aurait pu faire par exemple Nathalie Sarraute autour du soupçon, etc. 00:24:11
Alors, elle est loin d'une intellectuelle, elle est à l'écoute de la vie qui passe. 00:24:17
C'est le contraire d'une intellectuelle. 00:24:26
Pas quelqu'un qui réagit en fonction d'une idée, mais en fonction de ses sens et d'une émotion. 00:24:28
D'accord ? 00:24:34
Donc voilà à peu près en conclusion de cette première présentation. 00:24:35
Idioma/s:
fr
Materias:
Francés
Autor/es:
slf
Subido por:
Slf
Licencia:
Reconocimiento - No comercial - Compartir igual
Visualizaciones:
94
Fecha:
29 de octubre de 2018 - 9:19
Visibilidad:
Público
Centro:
EST ADMI DIRECCION GENERAL DE INNOVACIÓN, BECAS Y AYUDAS A LA EDUCACIÓN
Duración:
24′ 45″
Relación de aspecto:
1.78:1
Resolución:
854x480 píxeles
Tamaño:
462.32 MBytes

Del mismo autor…

Ver más del mismo autor


EducaMadrid, Plataforma Educativa de la Comunidad de Madrid

Plataforma Educativa EducaMadrid